Google Ads pour un dentiste : combien coûte un patient en 2026
Le clic le moins cher que j'aie relevé depuis que je fais cette série, c'est celui du Google Ads pour un dentiste : 1,47 € sur la requête « dentiste », pour 201 000 recherches mensuelles en France.
Mettez ce chiffre à côté des autres métiers que j'ai mesurés et l'anomalie saute aux yeux. L'électricien d'urgence paie son clic 19 €. Le vétérinaire de garde monte à 61 €. Le dentiste, lui, paie moins qu'un café, sur un marché cinquante fois plus gros.
Il y a une raison à ça, elle est juridique, et elle a cessé d'être valable il y a cinq ans et neuf mois. Voici ce qu'un patient coûte réellement, acte par acte, et ce que le code de déontologie vous interdit encore d'écrire dans une annonce.
Combien coûte le clic quand on soigne des dents
Relevé du 21 août 2026 au Planificateur de mots clés, France, sur les 78 requêtes du métier hors fournisseurs et emploi, soit 891 550 recherches mensuelles.
| requête | recherches | enchère haute |
|---|---|---|
| dentiste | 201 000 | 1,47 € |
| orthodontiste | 90 500 | 3,28 € |
| implant dentaire | 49 500 | 1,63 € |
| cabinet dentaire | 40 500 | 1,66 € |
| dentiste en urgence | 40 500 | 1,44 € |
| couronne dentaire | 40 500 | 1,02 € |
| blanchiment dentaire | 33 100 | 1,58 € |
| prothèse dentaire | 27 100 | 1,26 € |
Ce qui frappe n'est pas le niveau, c'est l'aplatissement. Sur les autres métiers, l'écart interne entre la requête la plus chère et la moins chère va de un à quinze. Ici, tout tient entre 1 et 3,28 €, y compris l'urgence, y compris les actes à quatre chiffres.
Un rappel avant d'aller plus loin. L'enchère estimée n'est pas ce que vous paierez : c'est le montant à proposer pour viser le haut de page, et votre coût réel sortira en dessous, souvent de moitié. J'ai détaillé cette lecture dans l'article sur comment lire les volumes du Planificateur.
Pourquoi le clic dentaire est-il si bon marché ?
Parce que pendant des décennies, vos confrères n'avaient pas le droit d'enchérir.
Le code de déontologie des chirurgiens-dentistes interdisait « tous procédés directs ou indirects de publicité ». Cette interdiction a été supprimée par le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020, qui a réécrit les règles de communication professionnelle de la profession.
Près de six ans plus tard, le marché ne s'est toujours pas rempli. Les enchères le prouvent : quand une profession se met à acheter des clics, les prix montent, comme on l'a vu sur les cliniques vétérinaires après leur propre assouplissement. Ici, rien n'a bougé.
Un clic à 1,47 € sur un marché de 891 550 recherches mensuelles, ce n'est pas une bonne affaire du marché : c'est une place que personne n'occupe.
Cette fenêtre se refermera. Elle reste ouverte tant que la profession n'a pas pris la mesure du changement, et la partie sur ce que le texte autorise vraiment vaut donc autant que celle sur les chiffres.
Ce que vous n'avez toujours pas le droit d'écrire
Le décret a levé l'interdiction générale, il n'a pas ouvert les vannes. L'article R4127-215-1 du code de la santé publique autorise à communiquer « des informations de nature à contribuer au libre choix du praticien par le patient », sur vos compétences et vos conditions d'exercice, et pose six limites dans son seul paragraphe I.
La communication doit être loyale et honnête, ne pas faire appel à des témoignages de tiers, ne pas reposer sur des comparaisons avec d'autres praticiens, ne pas inciter à un recours inutile aux soins, ne pas porter atteinte à la dignité de la profession et ne pas induire le public en erreur.
Trois d'entre elles se traduisent directement dans un compte Google Ads.
Les trois qui se traduisent dans un compte
- Pas de témoignage de tiers. Le point à vérifier dans le compte s'appelle aujourd'hui les notes de magasin, qui ont remplacé les anciennes extensions d'avis retirées en 2018. C'est un composant automatique, donc actif sans que vous l'ayez demandé dès que votre établissement réunit une centaine d'avis éligibles et 3,5 étoiles : il faut aller le désactiver dans les composants automatiques au niveau du compte.
- Pas de comparaison avec d'autres praticiens. Exit donc « le meilleur dentiste de », « le cabinet numéro un » et tous les superlatifs qui supposent un classement.
- Pas d'incitation à un recours inutile aux actes de prévention ou de soins. C'est la limite qui vise l'esthétique : une promotion sur un blanchiment tombe dedans.
Le piège des honoraires dans l'annonce
L'article R4127-240 ajoute que l'information sur les honoraires doit être « claire, honnête, précise et non comparative ». Un dentiste qui affiche « implant à partir de 990 € » dans une annonce s'expose sur la précision, si le prix final dépend de la technique et des matériaux. Le mot « comparative » du texte vise en revanche la comparaison avec d'autres praticiens, pas un écart entre vos propres tarifs.
Ces règles ne sont pas des recommandations. Le manquement se règle devant la chambre disciplinaire de l'Ordre, et une annonce se conserve. Faites relire vos textes par votre conseil départemental avant diffusion si vous approchez de la ligne.
Seize centimes séparent une consultation de 23 € d'un devis à 2 000 €
Voici le point qui décide de tout, et il tient dans la comparaison de deux lignes du tableau.
« Dentiste » coûte 1,47 € le clic. « Implant dentaire » coûte 1,63 €. Seize centimes d'écart. Mais la consultation en secteur conventionné se facture 23 €, quand un implant complet se situe entre 1 500 et 2 500 € selon les relevés de prix publiés cette année. L'implant et son pilier restent hors nomenclature et à tarif libre ; seule la couronne posée dessus est prise en charge depuis octobre 2023, sur une base de 107,50 €.
Autrement dit, vous payez le même prix pour attirer quelqu'un qui vient faire vérifier une dent et pour attirer quelqu'un qui envisage plusieurs milliers d'euros de travaux. Le marché n'a pas encore fait la différence, alors que la valeur, elle, la fait entièrement.
C'est pour ça que je conseille d'ouvrir un cabinet dentaire sur les requêtes d'acte plutôt que sur les requêtes de métier. « Implant dentaire », « prothèse dentaire », « couronne dentaire » représentent 117 100 recherches mensuelles, coûtent autour d'un euro et demi, et amènent des devis, pas des visites de contrôle.
Le seul métier de la série où l'urgence ne fait pas le prix
Voici l'anomalie dans l'anomalie, et je ne l'ai vue dans aucun autre secteur de cette série.
Partout ailleurs, l'urgence est ce qui coûte le plus cher. Le clic « vétérinaire ouvert dimanche » monte à 61 €, celui d'« électricien d'urgence » à 19 €, précisément parce que la personne qui cherche à cette heure-là ne compare pas et accepte le tarif majoré.
Dans le dentaire, rien de tel. « Dentiste en urgence » fait 40 500 recherches mensuelles à 1,44 €, « dentiste de garde » 8 100 à 1,30 €, « dentiste ouvert le samedi » 2 900 à 1,40 €. Soit 51 500 recherches, toutes en dessous du prix de la requête ordinaire à 1,47 €.
L'explication tient à l'organisation du métier. La permanence des soins dentaires couvre les dimanches et les jours fériés, elle est organisée par les conseils départementaux de l'Ordre sur arrêté de l'agence régionale de santé, et le patient passe par un numéro départemental ou par le 15 selon la région. Le cabinet de garde n'a donc aucune raison d'enchérir pour une place qui lui est attribuée par tour de rôle.
Le samedi échappe d'ailleurs à ce dispositif, qui ne couvre que le dimanche et les jours fériés : si votre cabinet ouvre le samedi, ces 2 900 recherches mensuelles à 1,40 € sont à vous et ne vous coûtent presque rien.
Conséquence pratique pour le reste : ces requêtes d'urgence amènent des soins ponctuels et des patients qui repartent ensuite chez leur praticien habituel. Elles remplissent des créneaux, elles ne construisent pas une patientèle.
Les 36 800 recherches qui mènent chez Doctolib
Le piège du secteur, et il est massif.
Quatre requêtes associent Doctolib au dentaire, pour un total de 36 800 recherches mensuelles : « doctolib dentiste » et « dentiste doctolib » à 18 100 chacune, plus les variantes orthodontie. Ces gens cherchent la plateforme de rendez-vous, pas votre cabinet.
Sans exclusion, un ciblage large les attrape. Vous payez pour envoyer des patients vers un intermédiaire, qui les répartira ensuite selon ses propres critères. Pulzeo repère ces termes de recherche dans vos campagnes et propose les exclusions, ce qui évite d'aller lire un rapport que personne n'ouvre spontanément.
Deux autres familles à exclure dès le premier jour, moins évidentes :
- les fournisseurs de matériel, dont les noms circulent parmi les praticiens. « DPI dentaire » monte à 267 € le clic et « GACD dentaire » à 13,46 € : ce sont des cabinets qui commandent leurs consommables, et l'enchère élevée trahit un marché professionnel, pas des patients ;
- l'emploi et la formation. Assistante dentaire, prothésiste, études d'odontologie, concours : des gens qui veulent travailler dans le dentaire, pas s'y faire soigner.
Combien coûte un patient, et à partir de quand c'est rentable
Faisons le calcul avec un coût réel à la moitié de l'enchère, soit environ 0,75 € le clic sur les requêtes de proximité.
Quatre cents euros achètent donc plus de 500 visites par mois. À 4 % de prise de rendez-vous, ce qui est réaliste pour un cabinet avec un formulaire simple ou un numéro affiché, cela fait une vingtaine de nouveaux patients mensuels. Environ 20 € d'acquisition par patient.
Vingt euros, quand la seule consultation d'entrée en rapporte 23. L'acquisition est donc remboursée à la première visite, en chiffre d'affaires, avant même de parler de la suite.
Et la suite est l'essentiel. Les recommandations de santé bucco-dentaire situent le suivi à au moins une visite de contrôle par an, et une partie des patients passera par une couronne, une prothèse ou un traitement orthodontique dans les années qui suivent.
C'est ce qui distingue ce métier des autres de la série : chez le déménageur, il faut signer le déménagement ; chez l'électricien, décrocher un chantier ; ici, il suffit que le patient revienne l'année suivante.
La vraie contrainte n'est pas financière, elle est logistique : votre agenda. Vingt nouveaux patients par mois, c'est un fauteuil supplémentaire à remplir, et rien ne sert d'acheter des rendez-vous que vous ne pouvez pas honorer.
Quel budget pour démarrer
300 à 500 € par mois, et j'insiste sur la borne haute plutôt que sur la basse pour une raison contre-intuitive : à ce prix au clic, le risque n'est pas de dépenser trop, il est de ne pas atteindre assez de volume pour juger.
Concentrez ce budget sur deux ou trois actes à forte valeur plutôt que sur la requête générique, qui vous mettra en concurrence avec tous les cabinets de la ville pour des visites de contrôle. Et laissez tourner au moins six semaines : le délai entre la recherche et le premier rendez-vous se compte en jours pour l'urgence, mais en semaines pour un implant.
Un dernier repère pour vous situer. Si votre coût par nouveau patient dépasse 60 €, quelque chose cloche en amont, et c'est presque toujours le ciblage : soit vous achetez la requête générique, soit vous n'avez pas exclu Doctolib et les fournisseurs. Le même raisonnement appliqué à un autre métier de santé est dans ce que coûte un client à un vétérinaire, où la contrainte déontologique est proche mais où les enchères, elles, n'ont rien à voir.
Questions fréquentes
Un chirurgien-dentiste a-t-il le droit de faire de la publicité ?
Oui depuis le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020, qui a supprimé du code de déontologie l'interdiction de « tous procédés directs ou indirects de publicité ». L'article R4127-215-1 autorise à communiquer sur ses compétences et ses conditions d'exercice, sous six conditions : communication loyale et honnête, sans témoignage de tiers, sans comparaison avec d'autres praticiens, sans incitation à un recours inutile aux soins, sans atteinte à la dignité de la profession et sans induire le public en erreur.
Combien coûte un clic Google Ads pour un cabinet dentaire ?
De 1,02 à 3,28 € selon la requête, relevé en août 2026. « Dentiste » plafonne à 1,47 €, « implant dentaire » à 1,63 €, « orthodontiste » à 3,28 €. C'est le métier le moins cher que j'aie mesuré, treize fois moins qu'un électricien d'urgence, alors que le volume de recherche y est cinquante fois supérieur.
Peut-on afficher les avis patients dans une annonce dentaire ?
L'article R4127-215-1 écarte le recours aux témoignages de tiers, et les notes de magasin, qui ont remplacé les extensions d'avis en 2018, en relèvent. Le piège est qu'elles sont un composant AUTOMATIQUE : elles s'activent seules dès qu'un établissement réunit une centaine d'avis éligibles et 3,5 étoiles. Allez les désactiver dans les composants automatiques au niveau du compte plutôt que de supposer qu'elles sont éteintes.
Quel budget prévoir pour un cabinet dentaire qui démarre ?
300 à 500 € par mois suffisent. À 0,75 € le clic réel sur les requêtes de proximité, 400 € achètent plus de 500 visites mensuelles. À 4 % de prise de rendez-vous, cela fait une vingtaine de nouveaux patients par mois, à environ 20 € d'acquisition chacun.
