Exemple de campagne Google Ads : une vraie, avec ses chiffres

Optimisation et gestion18 août 2026 · 9 min de lecture
Alexis
Par AlexisFondateur de Pulzeo
Exemple de campagne Google Ads : une vraie, avec ses chiffres

Un exemple de campagne Google Ads se trouve partout, et il est presque toujours inventé. Une boutique de chaussures fictive, trente pour cent de ventes en plus, aucun chiffre vérifiable.

Voici l'inverse : une campagne de serrurier montée devant vous, avec les volumes et les enchères réellement relevés au Planificateur de mots-clés en août 2026. Vous pourrez la recopier, et surtout voir pourquoi elle est structurée ainsi.

À quoi ressemble le squelette d'une campagne

Une campagne, deux ou trois groupes d'annonces, une poignée de mots-clés par groupe, une annonce par groupe, une liste d'exclusions. C'est tout, et c'est déjà plus que ce que beaucoup de comptes tiennent proprement.

« Une poignée » veut dire ce qu'il dit : la campagne montée plus bas tient en neuf mots-clés au total, deux à quatre par groupe. Les listes de deux cents entrées qu'on voit circuler sont des variantes de la même demande, et la section suivante le montre chiffre en main.

La règle qui commande le reste tient en une phrase : un groupe d'annonces existe pour qu'on puisse lui écrire une annonce qui lui est propre. Si deux mots-clés méritent le même texte d'annonce, ils vont dans le même groupe. S'ils en méritent deux différents, ils se séparent.

Le squelette d'une campagne Google Ads : une campagne, des groupes d'annonces par intention, des mots-clés et une annonce par groupe

Tout le reste, les extensions, les audiences, les ajustements, se pose ensuite. Commencer par là revient à décorer une maison sans murs.

La campagne, groupe par groupe

Le métier retenu est celui de serrurier, parce que ses chiffres sont nets et que l'intention y est lisible. Les volumes et les enchères qui suivent sont ceux relevés en août 2026 pour la France, et l'enchère indiquée est celle qu'il faut proposer pour viser le haut de page.

Groupe 1 : l'urgence

C'est le cœur du métier, et il pèse à lui seul l'essentiel de la demande.

Mot-cléRecherches / moisEnchère estimée
serrurier urgence5 40022,88 €
dépannage serrurier3 60015,61 €
serrurier 24/72 40016,31 €
sos serrure39024,36 €

L'annonce de ce groupe doit dire une seule chose : vous intervenez tout de suite. Le numéro de téléphone passe avant tout le reste, et le délai annoncé vaut plus que n'importe quel argument de qualité.

Groupe 2 : l'ouverture de porte

Même urgence, mais un besoin nommé précisément, et des enchères plus dispersées : 7,83 € sur la requête générique, le double sur celle qui contient « dépannage ».

Mot-cléRecherches / moisEnchère estimée
serrurier ouverture de porte1 3007,83 €
dépannage serrurier ouverture de porte48015,66 €

Ces requêtes méritent leur propre groupe précisément parce que l'annonce change : elle peut reprendre les mots « ouverture de porte », ce qui la rend plus pertinente et fait baisser le coût du clic. C'est le mécanisme central de Google Ads, et c'est celui qu'on néglige le plus.

Groupe 3 : le prix

Mot-cléRecherches / moisEnchère estimée
combien coûte un serrurier3908,18 €
tarif serrurier urgence3207,84 €
dépannage serrure prix1707,71 €

Ce groupe partage une caractéristique intéressante : son enchère est deux à trois fois plus basse que celle de l'urgence pure. Quelqu'un qui compare des tarifs n'a pas encore sa porte claquée, et le marché le sait.

À vous de décider si vous voulez ce trafic. Si vous affichez vos prix, il convertit correctement. Si vous les cachez, vous payez des gens qui repartiront les chercher ailleurs.

Faut-il garder tous les mots-clés du Planificateur ?

Voici ce que l'outil renvoie réellement quand on lui demande « serrurier urgence », et c'est instructif.

  • serrurier urgence, 5 400 recherches, 22,88 € ;
  • serrurier d'urgence, 5 400 recherches, 22,88 € ;
  • urgence serrurier, 5 400 recherches, 22,88 € ;
  • serrurier en urgence, 5 400 recherches, 22,88 € ;
  • serrurerie urgence, 5 400 recherches, 22,88 € ;
  • serrurerie d'urgence, 5 400 recherches, 22,88 €.

Six entrées, un seul et même volume, une seule et même enchère : le Planificateur vous vend la même demande six fois.

Ce sont des permutations d'une seule requête, que Google regroupe derrière un chiffre unique. Les ajouter toutes à votre groupe ne vous fera pas diffuser une fois de plus.

C'est l'erreur de liste la plus répandue chez les débutants : on exporte deux cents mots-clés, on croit avoir un arsenal, on a en réalité une vingtaine de demandes distinctes noyées dans leurs variantes. La correspondance de mots-clés s'en charge déjà, et le fonctionnement exact des correspondances explique lequel de vos mots-clés se déclenche réellement.

L'annonce du groupe « urgence », mot pour mot

Un groupe d'annonces sans son annonce n'est qu'une liste. Voici ce que je mettrais dans celle de l'urgence, avec le format réel : des titres de 30 caractères maximum, des descriptions de 90.

Six titres suffisent pour démarrer, même si l'emplacement en accepte quinze :

  • Serrurier d'urgence 24h/24
  • Intervention en 30 minutes
  • Porte claquée ? On arrive
  • Devis annoncé avant travaux
  • Artisan local, pas un réseau
  • Appelez, on décroche

Deux choses les distinguent des annonces qu'on voit passer. Chacun tient une promesse vérifiable, un délai, un prix annoncé, une identité. Et aucun ne dit « qualité » ni « professionnel », mots que tout le monde écrit et que personne ne lit.

Côté descriptions, attention au minimum : Google en exige deux au moins, et en accepte quatre. Une seule et l'écran refuse d'enregistrer, ce que beaucoup découvrent au moment de valider.

  • Serrurier local, intervention sous 30 minutes, devis annoncé avant de commencer
  • Artisan indépendant, pas une plateforme. Prix annoncé au téléphone, sans surprise.

La règle qui les gouverne est la même : la première phrase répond à la peur du moment, pas à votre envie de vous présenter. Ces deux-là font 79 et 82 caractères, et chacun des six titres tient sous 30 : tout est vérifiable avant de coller quoi que ce soit dans l'interface.

Google composera ensuite ses propres combinaisons, et tous vos titres ne s'afficheront pas. En écrire six bons vaut mieux qu'en remplir quinze pour occuper les cases.

Les réglages, qui décident autant que les mots-clés

Trois paramètres pèsent lourd et se posent en deux minutes.

La zone d'abord : un rayon court autour de votre atelier, pas un département. Un serrurier qui accepte d'intervenir à quarante minutes de route perdra l'intervention au profit de celui qui est à dix.

Les horaires ensuite, et c'est le réglage le plus rentable de ce métier. Les portes claquent la nuit, le dimanche et les jours fériés, et les enchères y sont souvent moins disputées. Une campagne d'urgence qui ne diffuse qu'aux heures de bureau se prive de sa meilleure demande.

La stratégie d'enchères enfin : démarrez en maximisation des clics, le temps d'accumuler des conversions, avant de passer à une cible. Le raisonnement complet est dans quelle stratégie d'enchères choisir.

Les exclusions, avant le premier clic

Une campagne se pose avec sa liste d'exclusions, pas après avoir constaté les dégâts. Quatre familles à écarter dès le départ dans ce métier :

  • l'emploi et la formation, « devenir serrurier », « salaire serrurier », « CAP serrurerie » ;
  • le bricolage, « ouvrir une porte sans clé », « crocheter une serrure », qui attire une curiosité massive et zéro client ;
  • le matériel, « prix serrure », « acheter cylindre », qui vise des quincailleries ;
  • les villes que vous ne desservez pas, puisque le réglage géographique par défaut touche aussi les gens simplement intéressés par une zone.

Le piège des exclusions en requête large mérite d'être connu avant de se lancer, il coupe plus que prévu : le mécanisme est détaillé ici.

Quel budget faut-il pour cette campagne ?

Le calcul se fait à partir des enchères du tableau, pas d'une ambition.

Une précaution de lecture avant de multiplier : les montants du tableau sont des enchères à proposer, pas des prix acquittés. Le clic facturé est presque toujours inférieur, donc le calcul qui suit donne une borne haute, pas une facture.

À 15,61 € d'enchère médiane sur ce métier et un clic sur dix qui aboutit à une intervention, chaque client revient à 156 € au maximum. Dix interventions par mois demandent donc de prévoir de l'ordre de 1 560 €, en sachant que la dépense réelle sera plus basse.

Du budget mensuel au nombre d'interventions, en passant par le prix du clic et le taux de transformation

Ce montant surprend, et c'est justement pour ça qu'il faut le poser avant de commencer plutôt que de le découvrir au bout de six semaines. Le détail métier par métier est dans ce que coûte un client à un artisan.

Suivre ces chiffres semaine après semaine est exactement le genre de tâche qui saute quand on est sur les chantiers, et Pulzeo signale les campagnes qui consomment sans faire sonner le téléphone.

Le même squelette sur un restaurant, et pourquoi il casse

Prenez cette structure et posez-la sur un restaurant : elle ne tient plus, et la raison est chiffrée.

Sur la grappe restauration relevée en août, l'enchère médiane haute tombe à 0,96 €, contre 15,61 € en serrurerie. Le clic ne coûte presque rien, donc le réflexe est d'en acheter beaucoup. Sauf que sur 3 240 420 recherches mensuelles relevées, seules 14 910 portent une intention de réservation, soit moins d'un demi pour cent.

Le même squelette de campagne appliqué à un serrurier et à un restaurant, et pourquoi l'intention change tout

Le groupe « urgence » du serrurier n'a pas d'équivalent chez le restaurateur. Il n'existe pas de moment où quelqu'un doit dîner dans l'heure et appellera le premier numéro. La structure doit donc se construire sur les créneaux et la localisation, pas sur le besoin, et le calcul complet est ici.

Retenez le principe plutôt que le modèle. Un groupe d'annonces se justifie par une intention distincte, et les intentions distinctes ne sont pas les mêmes d'un métier à l'autre.

Par où commencer

Ouvrez le Planificateur, tapez votre métier, et exportez. Puis faites l'inverse de ce que tout le monde fait : au lieu de garder deux cents mots-clés, rayez toutes les permutations et regardez combien de demandes réellement différentes il vous reste. Ce sera souvent moins de quinze.

Regroupez-les par annonce que vous sauriez écrire, et vous aurez vos groupes. Cette liste-là est votre campagne, et elle tient sur une feuille.

Questions fréquentes

À quoi ressemble une bonne campagne Google Ads ?

À beaucoup moins de choses qu'on ne le croit. Une campagne, deux ou trois groupes d'annonces correspondant à des intentions vraiment différentes, deux à quatre mots-clés réellement distincts par groupe, une annonce responsive par groupe, et une liste d'exclusions posée avant le premier clic. Tout ce qui dépasse ce squelette au démarrage complique le pilotage sans rien apporter.

Combien de mots-clés faut-il dans un groupe d'annonces ?

Beaucoup moins qu'on ne le croit : deux à quatre suffisent, à condition qu'ils soient réellement différents. Le Planificateur de mots-clés renvoie beaucoup de variantes qui ne sont que des permutations de la même requête : sur le métier de serrurier, six entrées à 5 400 recherches par mois désignent en réalité la même demande. Les ajouter toutes ne vous fera pas diffuser davantage.

Faut-il une campagne par service ou une seule campagne ?

Une seule au démarrage, sauf si deux services demandent des budgets séparés. Le budget se fixe au niveau de la campagne : deux campagnes, c'est deux budgets à surveiller et deux algorithmes qui apprennent chacun de leur côté sur la moitié des données. On sépare quand un service doit être protégé du budget de l'autre, pas pour faire propre.

Combien coûte une campagne de serrurier par mois ?

Comptez autour de 156 € par intervention obtenue, en partant de l'enchère médiane du métier de 15,61 € et d'un clic sur dix qui aboutit. Dix interventions mensuelles demandent donc un budget de l'ordre de 1 560 €. Le montant paraît élevé, mais il découle du prix du clic dans ce métier, pas d'un choix d'ambition.

Alexis
Alexis · Fondateur de PulzeoAvec plus de 20 ans d’expérience dans la gestion de campagnes publicitaires, j’aide les entreprises à piloter leurs comptes pour en tirer les meilleurs résultats, en y consacrant le moins de temps possible.

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